Connaître la paratuberculose – 03 octobre 2014

Paratuberculose microscope electroniqueLa paratuberculose
Mieux la connaître pour mieux agir

Paratuberculose bovine => En raison de son impact économique grandissant, mieux connaître cette pathologie peut s’avérer utile pour adapter la prévention et la lutte contre cette maladie au sein de votre élevage.

 

La paratuberculose bovine est largement répandue en France, aussi bien dans des élevages laitiers qu’allaitants avec d’importantes conséquences économiques. Les pertes sont directes (mortalité, euthanasie des malades, baisses de production) et indirectes (non-accès à certains débouchés).

Un impact économique accru

Depuis la suppression de l’abattage d’urgence pour maladie et l’interdiction d’introduction d’un animal malade en abattoir, l’impact de la paratuberculose clinique est augmenté. Dès qu’un bovin présente des signes de paratuberculose, sa destination sera l’équarrissage. Aux pertes de production, s’ajoute donc, dès le début des signes cliniques, la perte totale de l’animal. Ceci explique l’augmentation de votre vigilance, de vos besoins en matière de plans d’assainissement et de vos demandes de garanties vis à vis de cette maladie.

Un germe à localisation intestinale, à développement lent, une maladie insidieuse

La paratuberculose bovine est due à la multiplication dans la paroi de l’intestin d’une mycobactérie : Mycobacterium paratuberculosis. Dans sa forme classique, elle présente une évolution chronique avec l’absence d’atteinte générale fiévreuse et une atteinte intestinale dont résultent les symptômes (amaigrissement progressif avec vilain poil, mais appétit conservé, ramollissement des bouses puis diarrhée liquide incurable) conduisant à une cachexie extrême et la mort. Des formes frustes, fréquentes dans des élevages bien gérés, permettent un développement insidieux de l’infection. Dans un cheptel infecté, 4 groupes d’animaux peuvent être identifiés : les non-infectés, les infectés asymptomatiques non-excréteurs, les infectés asymptomatiques excréteurs de bacilles dans les fèces et les infectés excréteurs (phase clinique). La maladie s’exprime chez un faible nombre d’individus (3 à 5 % des animaux par an, voire moins). Ce sont les élevages laitiers qui sont les plus atteints de paratuberculose clinique. L’infection asymptomatique est dix à vingt fois plus fréquente, aboutissant à l’apparition de la maladie après quelques mois à de nombreuses années.

Un germe très résistant

Une des caractéristiques essentielles de M. paratuberculosis est sa grande résistance. Il résiste particulièrement bien au froid humide, persistant dans des pâtures humides ou des mares de nombreux mois après l’abandon de celles-ci par les animaux excréteurs. La résistance du bacille est moindre dans les sols à teneur élevée en calcium, de même qu’en sol basique. Dans les matières fécales, il peut résister onze mois. Le bacille paratuberculeux est par contre sensible aux désinfectants. Il est également sensible aux rayons UV, au dessèchement, ainsi qu’à la chaleur.

Une des caractéristiques de la paratuberculose est la persistance du germe dans le milieu extérieur. Mycobacterium paratuberculosis résiste au froid humide, persiste dans des pâtures humides ou des mares de nombreux mois après l’abandon de celles-ci par les animaux excréteurs d’où les précautions à observer lors de reprise de parcelles.

Une des caractéristiques de la paratuberculose est la persistance du germe dans le milieu extérieur. Mycobacterium paratuberculosis résiste au froid humide, persiste dans des pâtures humides ou des mares de nombreux mois après l’abandon de celles-ci par les animaux excréteurs d’où les précautions à observer lors de reprise de parcelles.

Une réceptivité maximale dans le jeune âge

La contagion se fait essentiellement à partir du milieu contaminé. Les matières fécales représentent la source essentielle de bacilles. Chez les bovins, l’excrétion est d’intensité variable, généralement maximale en phase clinique et immédiatement préclinique (jusqu’à 108 bacilles/g soit des milliards de germes par jour). Elle peut débuter quinze à dix-huit mois avant l’apparition des symptômes, voire exister chez des animaux qui ne manifesteront jamais de symptômes. La résistance élevée du bacille dans les bouses contribue au rôle important des souillures fécales dans la transmission. Les animaux peuvent s’infecter à partir des sols et des eaux, des aliments ou des matériels contaminés. Les veaux, principales cibles de l’infection, se contaminent essentiellement au niveau de la mamelle souillée de leur mère. Si la mère est infectée, ils peuvent aussi se contaminer à partir du colostrum et du lait ou in utero. L’infection des adultes est possible mais se traduit par des lésions et une multiplication bacillaire de moindre intensité, par l’absence de manifestations cliniques ou par une apparition très tardive de celles-ci.

La contagion se fait surtout à partir du milieu contaminé. Les matières fécales représentent la source essentielle de bacilles. Les veaux, principales cibles de l’infection, se contaminent principalement par l’intermédiaire de la mamelle souillée de leur mère. Les veaux peuvent aussi se contaminer à partir du colostrum et du lait directement contaminés de leur mère ou in utero. 20 à 40 % des fœtus de vaches malades sont infectés in utero, 8,6 % de ceux des infectées asymptomatiques.

La contagion se fait surtout à partir du milieu contaminé. Les matières fécales représentent la source essentielle de bacilles. Les veaux, principales cibles de l’infection, se contaminent principalement par l’intermédiaire de la mamelle souillée de leur mère. Les veaux peuvent aussi se contaminer à partir du colostrum et du lait directement contaminés de leur mère ou in utero. 20 à 40 % des fœtus de vaches malades sont infectés in utero, 8,6 % de ceux des infectées asymptomatiques.

Une maladie très souvent « achetée »

Dans un élevage, la paratuberculose apparaît le plus souvent après l’introduction d’un animal infecté. Cependant, le lien existant entre l’entrée de l’animal infecté dans le cheptel et la maladie est souvent difficile à établir : l’animal fautif, surtout s’il est acheté jeune, pourra, à cause des délais d’incubation de plusieurs mois ou de plusieurs années, ne manifester les symptômes de la maladie que longtemps après son entrée dans l’élevage. Il pourra même ne pas exprimer les symptômes de la maladie, mais seulement excréter (plus ou moins rapidement) le bacille et contaminer les jeunes animaux réceptifs. L’apparition des premiers signes évocateurs de la maladie, chez ces animaux devenus adultes, est alors repoussée de plusieurs années.

Un traitement illusoire et contre-indiqué

Mycobacterium paratuberculosis est plus résistant aux agents anti-infectieux que ne l’est Mycobacterium tuberculosis. Seuls quelques antibiotiques (la streptomycine en particulier) montrent une activité in vitro. Traiter l’infection paratuberculeuse, cliniquement exprimée ou pas, n’est qu’illusion, il ne peut raisonnablement y avoir, dans les conditions du terrain, stérilisation bactériologique des animaux infectés. Plus largement, le traitement est contre-indiqué, car le « blanchiment » d’un animal déjà malade (disparition temporaire des manifestations cliniques, sans suppression de l’excrétion fécale) peut inciter à le conserver, ce qui contribue largement à la contamination du milieu.

Un diagnostic analytique tardif

Les outils analytiques disponibles pour identifier un bovin contaminé en paratuberculose s’avèrent tardifs car ils révèlent soit l’excrétion de germes ou la formation d’anticorps qui n’apparaissent qu’après une phase d’évolution minimum de 18 mois à 2 ans. L’apparition des anticorps et l’excrétion sont parallèles mais non-synchrones. Diverses techniques de diagnostic sont employées. Elles consistent à rechercher la bactérie (PCR) ou à mettre en évidence la production d’anticorps (ELISA). La technique PCR consiste à détecter la présence d’un fragment d’ADN spécifique de M. paratuberculosis. Elle se réalise à partir de fèces prélevés strictement au niveau de l’anus en veillant soigneusement à ne pas contaminer le gant par des éléments de l’environnement. Elle peut aussi être effectuée sur des tissus (intestins ou ganglions). L’ELISA sur sérum permet la détection de la présence d’anticorps. Les anticorps n’étant détectés au plus tôt que 15 à 17 mois après l’infection, il est inutile de réaliser cette analyse sur des animaux ayant moins de 18 mois.

Comment se protéger et comment s’assainir en matière de paratuberculose

Deux prochains articles présenteront comment se protéger et comment s’assainir en matière de paratuberculose. GDS Creuse et votre vétérinaire restent à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

Dr Didier GUERIN – GDS Creuse

 

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