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Avortements des ruminants – 06 octobre 2017

Avortements des ruminants
Une méthodologie précise à appliquer

Avortements => L’apparition d’avortements implique un plan d’action raisonné. Le diagnostic direct montre tout son intérêt si les précautions d’utilisation sont respectées. Le renforcement du kit bovin devrait permettre une amélioration du taux d’élucidation.

Les avortements sont des pathologies anciennes et persistantes. Tous les élevages sont concernés, 2 % des femelles avortent chaque année. En présence de causes infectieuses, parasitaires, alimentaires… des avortements en série peuvent apparaître.

Les causes infectieuses et parasitaires, les plus redoutables

Parmi toutes les causes, celles d’origine infectieuse (bactérienne ou virale) ou parasitaire (toxoplasmose, néosporose…) sont les plus redoutables car contagieuses et douées d’un grand pouvoir d’expansion intra et inter élevage. Elles sont souvent difficiles à combattre (échecs thérapeutiques), persistantes par les animaux porteurs asymptomatiques et excréteurs et parfois transmissibles à l’homme comme la brucellose, la chlamydiose, la fièvre Q, la listériose, la toxoplasmose…

Une déclaration obligatoire des avortements (police sanitaire de la brucellose)

Le 1er signe de la brucellose est l’avortement d’où une déclaration obligatoire de tout avortement chez les bovins ou tout épisode abortif chez les petits ruminants (3 avortements ou plus sur une période de 7 jours ou moins) à son vétérinaire sanitaire avec une prise en charge par l’Etat des frais liés à ce contrôle brucellose (frais de déplacement et d’intervention du vétérinaire sanitaire, frais d’analyses).

Le recours au laboratoire, un passage obligé pour assurer le diagnostic étiologique

Connaître la cause d’une épidémie est indispensable pour mettre en place le plan d’action curatif et élaborer la stratégie préventive. Lors d’avortements, les manifestations cliniques et les caractéristiques épidémiologiques ne sont pas spécifiques. Au mieux ces éléments peuvent orienter vers une suspicion mais le recours au laboratoire est toujours nécessaire. Le diagnostic analytique fait appel à des méthodes directes avec recherche de l’agent causal ou indirectes avec recherche des anticorps.

Un diagnostic direct facilité par la Caisse Régionale de Solidarité Santé Animale (CRSSA), un renforcement du kit bovin

Pour faciliter l’utilisation des nouvelles techniques de diagnostic direct (PCR), le GRASL a décidé de consacrer la CRSSA au diagnostic direct des avortements dans les élevages bovins, ovins et caprins. Un kit PCR, adapté à chaque espèce, avec une prise en charge de 75 % est à disposition. Grâce aux nouveaux outils analytiques disponibles, depuis le 01/10/2017, le kit avortement bovin est passé de 5 à 11 valences recherchées (cf. tableau « CRSSA – Kit diagnostic direct avortements ruminants »). En cas de nécessité de recherches sérologiques complémentaires, notre plan « maladies émergentes » permet la prise en charge de 50 % des frais d’analyses et de la visite vétérinaire de mise en place du plan de lutte et de prévention.

Depuis le 01/10/2017, le kit avortement bovin de diagnostic direct est passé de 5 à 11 valences recherchées, cela devra permettre d’améliorer le taux d’élucidation.

Des résultats… mais des précautions d’utilisation à respecter : intervenir 48 h maxi après l’avortement avec des prélèvements de qualité !

En 2016-2017, 258 kits avortements bovins ont été réalisés en Limousin. Le taux d’élucidation n’est que de 24 % (36 ehrlichiose, 9 néosporose, 7 fièvre Q, 6 BVD et 5 chlamydiose) d’où le renforcement de ce kit (cf. ci-dessus). Pour les petits ruminants, 93 kits ont été analysés avec un taux d’élucidation de 50 % (19 fièvre Q, 16 chlamydiose, 9 salmonellose et 2 toxoplasmose). Trois éléments conditionnent le taux d’élucidation : la précocité d’intervention (prélèvement dans les 48 heures, maximum, suivant l’avortement pour le diagnostic direct), la qualité des prélèvements et les recherches complémentaires (autres pathologies, sérologies chez les avortées depuis plus 15 jours). Cela implique une application stricte de la « conduite à tenir lors de tout avortement » par le couple éleveur/vétérinaire (cf. encadré). C’est une composante de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! ». N’hésitez pas à contacter votre vétérinaire ou GDS Creuse.

Le taux d’élucidation est conditionné par la précocité d’intervention (prélèvement dans les 48 heures, maximum, suivant l’avortement pour le diagnostic direct) et la qualité des prélèvements d’où la mise à disposition des vétérinaires d’un kit prélèvements avortement à utiliser lorsque l’avorton ne peut pas être acheminé au LDA.

Dr Didier GUERIN
GDS Creuse


 

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