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Fièvre catarrhale BTV8 et BTV4, vaccination – 28 mars 2018

Fièvre catarrhale BTV8 et BTV4
La fin des stocks de vaccins mis à disposition par l’Etat

Fièvre catarrhale en France continentale => Depuis le 01/01/2018, l’ensemble du territoire continental français est réglementé vis à vis des sérotypes BTV4 et BTV8 de la fièvre catarrhale ovine (FCO). Cet article fait un point de situation.

 En septembre 2015, la France continentale a connu une résurgence du BTV8 suite à un 1er cas dans l’Allier (bélier avec signes cliniques). Du 01/01/2016 au 24/01/2018, 3.507 foyers ont été détectés. Fin 2016, en Corse, un 1er foyer de BTV4 a été identifié à Bonifacio, dans un élevage mixte ovins-caprins. Au 24/01/2018, 249 foyers de BTV4 étaient recensés en Corse, dont 55 foyers cliniques (52 ovins et 3 caprins). Un foyer de BTV4 a été confirmé le 06/11/2017, en Haute-Savoie suite à un dépistage par PCR sur un veau avant départ vers l’Espagne. Ainsi, depuis le 01/01/2018, le territoire continental français est zone réglementée vis à vis des sérotypes BTV4 et BTV8.

En France continentale, 1.852 foyers de BTV8 ont été enregistrés depuis le 24/05/2017 (début de la 3ème saison de FCO), dont 439 depuis le 01/01/2018, la plupart détectés lors de mouvements d’animaux, 121 foyers cliniques ont été recensés entre le 16/08/2017 et le 01/03/2018. Pour le BTV4, ce sont 97 foyers identifiés dont 20 depuis le 01/01/2018. Pour la Corse, depuis le premier foyer confirmé en décembre 2016, 262 foyers sont comptabilisés dont 55 foyers cliniques (52 ovins et 3 caprins).

Une circulation libre des ruminants en France continentale, une sortie soumise à  des conditions règlementaires

La FCO est une maladie règlementée au niveau international, européen et donc national. La circulation est libre sur le territoire continental et les conditions de mise en mouvement des ruminants sont précisées vers et depuis la Corse, vers les autres Etats membres de l’Union européenne et vers les pays tiers. Les conditions de sortie du territoire métropolitain nécessitent le plus souvent le recours à la vaccination.

Une sortie 60 jours après la primo-vaccination

La sortie de zone réglementée est conditionnée par une réglementation pour chacun des sérotypes. Des accords bilatéraux sont possibles entre États membres avec des adaptations de mise en mouvement (Italie et Espagne notamment). La vaccination est la principale mesure reconnue pour sécuriser le mouvement des animaux. Elle est spécifique des sérotypes. Les vaccins actuellement disponibles sont monovalents. Un animal est considéré vacciné contre les sérotypes 8 et 4 lorsque 60 jours se sont écoulés depuis la dernière injection de primo-vaccination (délai réduit à 10 jours pour certains accords bilatéraux) ou dès le jour de l’injection en cas de rappel. Pour le sérotype 8, les femelles gestantes doivent être vaccinées avant l’insémination ou la saillie.

Le territoire de l’Union européenne est découpé en zones indemnes et zones dites réglementées pour un ou plusieurs sérotypes. La liste des zones réglementées est publiée sur le site de la Commission européenne (ici la carte de l’Europe au 30/01/2018). Le territoire continental français est une seule zone réglementée vis à vis des sérotypes BTV4 et BTV8. La Corse est réglementée vis à vis des sérotypes 1 et 4, avec vaccination obligatoire de tous les ruminants, les sérotypes 2, 8 et 16 n’y circulent plus.

Une vaccination BTV8 pour l’Italie, un protocole PCR pour l’Espagne

Des zones réglementées équivalentes peuvent être reconnues entre Etats membres de l’Union européenne. C’est le cas de l’Italie, la Hongrie et la Slovénie avec la totalité de leurs territoires réglementée vis à vis du sérotype 4. Certaines certifications recourent à une analyse PCR de groupe (vis à vis de tous les sérotypes) dont le résultat négatif permet la certification pour les sérotypes 4 et 8. C’est le cas de l’Espagne dont le protocole prévoit les éléments suivants : les animaux ont été prémunis des attaques de vecteurs avant leur expédition pendant au moins 14 jours et ont été soumis au moins 14 jours après le commencement de cette protection contre les vecteurs à une analyse PCR dont le résultat s’est révélé négatif. Les animaux sont expédiés dès les résultats de la PCR connus et au plus tard 7 jours après la date du prélèvement. Vers les autres Etats membres de l’Union européenne et vers les pays tiers, des conditions spécifiques peuvent exister, pour tout renseignement, contactez la DDCSPP.

Des stocks de vaccins mis à disposition par l’Etat utilisés d’ici juin 2018

L’Etat a pris en charge l’achat de doses vaccinales BTV8 puis BTV4. Cette prise en charge ne sera pas renouvelée. Au 15/03/2018, il restait en stock autour de 850.000 doses (équivalents ovins) de BTV4 et de 2 millions de BTV8. Compte tenu du nombre de doses utilisées chaque semaine, la fin de stock est attendue en juin pour le BTV4 et en juillet pour le BTV8. Donc, si vous avez des animaux qui nécessiteront une vaccination FCO (BTV8 et/ou BTV4) (âge minimum pour la vaccination, 2,5 mois), contactez votre vétérinaire pour les faire vacciner maintenant pour encore bénéficier des vaccins mis à disposition par l’Etat.

Au 15/03/2018, il restait en stock autour de 850.000 doses (équivalents ovins) de BTV4 et de 2 millions de BTV8. Compte tenu du nombre de doses utilisées chaque semaine, la fin de stock est attendue en juin pour le BTV4 et en juillet pour le BTV8.

Des signes cliniques en évolution pour le BTV8

Un récent article du bulletin épidémiologique santé animale-alimentation de l’ANSES fait le point sur les signes cliniques induits par les virus BTV4 et BTV8 en France métropolitaine. Pour le BTV8, contrairement à l’épizootie de 2007/2009, la plupart des foyers ont été détectés dans le cadre de mouvements d’animaux (~ 85 %). 94 foyers cliniques de FCO BTV8 ont été détectés chez des bovins entre le 16/08/2017 et le 24/01/2018. Les signes cliniques les plus fréquents étaient l’abattement (41 %), la chute d’appétit (35 %), l’avortement (32 %) les érosions du mufle (27 %), la congestion du mufle (24 %), la perte de poids (23 %), la raideur des membres (21 %) et la prostration ou l’incapacité à se lever (20 %). 32 % des foyers cliniques ont donc été détectés suite à des avortements chez des bovins contrairement à l’épisode précédent.

Des signes cliniques chez les ovins et caprins pour le BTV4

Chez des ovins et des caprins infectés par le BTV4 en Corse, les signes cliniques observés les plus fréquents étaient l’abattement (78 %), l’œdème de la face ou du mufle (42 %), le jetage nasal, la perte d’appétit et l’hyperthermie (33 %), la perte de poids (30 %), la raideur des membres (27 %) et les érosions sur le mufle (24 %). Aucun foyer clinique de FCO BTV4 n’a été détecté en France continentale à ce jour. Cependant, le faible nombre de foyers détectés laisse envisager une possible apparition de foyers cliniques au printemps-été 2018. L’absence de signes cliniques chez les bovins infectés par le BTV4 avait également été mentionnée en Grèce. Cependant, une étude plus récente menée en Albanie sur des bovins séropositifs pour la FCO BTV4 mentionnait la présence de signes cliniques chez les bovins, avec comme signes les plus fréquemment observés la baisse de la production laitière, l’hyperthermie, les boiteries, les conjonctivites et la perte d’appétit. La surveillance événementielle est donc fondamentale afin de surveiller les évolutions possibles de la circulation virale et de l’impact clinique du BTV4. En effet, un taux de mortalité de 5,6 à 39,3 % chez les ovins infectés par le BTV4 a été rapporté dans les Balkans et en Turquie.

Une demande de modification de la catégorisation de la FCO

La France a demandé de privilégier une approche européenne globale avec une lutte collective contre les sérotypes pathogènes de FCO et une approche du « vivre avec » pour les sérotypes peu ou pas pathogènes. Nous continuerons de vous tenir informés des évolutions de ce dossier. N’hésitez pas à contacter votre vétérinaire sanitaire, la DDCSPP ou nos services pour tout renseignement complémentaire.

Dr Didier GUERIN
GDS Creuse

 

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