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Assemblée Générale GDS Creuse – 11 avril 2018

« Sans sanitaire… pas d’élevage ! »
« Sans élevage… pas de campagne ! »

AG de GDS Creuse => Le Groupement de Défense Sanitaire de la Creuse (GDS Creuse) a tenu, ce 03 avril, son Assemblée Générale sous la Présidence de Philippe Monteil.

A la tribune de cette AG GDS Creuse, se trouvaient autour du Président Philippe Monteil, Franck Daubin, Président de la FRGDS Nouvelle-Aquitaine, Nicolas Simonnet, Vice-Président du Conseil Départemental, Yves Henry, Président du Comité d’Orientation de l’Elevage de la Chambre d’Agriculture, Marine Voisin, Directrice de la FRGDS Nouvelle-Aquitaine, Bernard Andrieu, Directeur de la DDCSPP, le Dr Nicolas Athanassiadis, Président du GTV 23 et le Dr Didier Guérin, Directeur de GDS Creuse.

L’urbanisation s’accentue. C’est patent dans notre pays avec une orientation urbaine de la réforme territoriale, un impact sur nos zones rurales et une remise en cause de l’élevage. Cette désincarnation de notre société fait oublier à certains de nos citadins la nécessité d’une campagne active et structurée pour la santé de leur corps… et de leur esprit !

Une réforme territoriale orientée autour des métropoles

La réforme territoriale a connu trois étapes. La 1ère relative aux métropoles a peu impacté nos zones rurales. Avec la 2ème (passage de 22 à 13 régions), nous nous trouvons dans une région à 12 départements… et rattachés à Bordeaux ! La loi portant sur la Nouvelle Organisation Territoriale de la République (loi NOTRe), 3ème étape, répartit les compétences sur les différentes collectivités… mais, le métier des GDS, à la frontière de différents secteurs, n’est pas prévue par cette loi NOTRe ! Le sanitaire animal se retrouve sur des compétences économiques, de santé publique, d’occupation du territoire…

Une campagne pour la santé du corps et de l’esprit

Cette urbanisation de notre société ne doit pas faire oublier la présence et la nécessité de la campagne. Elle nourrit notre population aujourd’hui majoritairement citadine. Rappelons que l’alimentation n’a jamais été aussi sûre et, ce, quels que soient les types de production. Cette campagne participe aussi à la santé de l’esprit. Que feraient nos citadins sans ces « terrains de jeux » pour eux avec leurs paysages, sculptés par la nature et la main de l’homme depuis des siècles, au travers de l’élevage et de l’agriculture.

La Creuse, laboratoire de l’hyper-ruralité

Pour que la campagne puisse continuer à être un poumon vert aux centres urbains, un puits de carbone et une aire de jeu les week-ends et les vacances, des dispositifs de transfert financier sont indispensables d’où une nécessaire solidarité financière des métropoles. La Creuse a été choisie par le gouvernement comme département pilote de traitement des territoires hyper-ruraux pour rééquilibrer cet antagonisme réforme territoriale et hyper-ruralité !

« Sans élevage… pas de campagne ! », avec tous les apports des ruminants

Et cette campagne, « terrain de jeux » de nos chers citadins, c’est essentiellement les zones défavorisées : les zones de montagnes, les zones d’élevage. Que serait la Creuse avec la moitié de sa surface en herbe sans l’élevage. Les ruminants sont les seuls à pouvoir valoriser l’herbe des prairies naturelles qui sont sur des terres non-labourables. Ils produisent des protéines animales nécessaires à notre régime omnivore. Leur absence demande des complémentations spécifiques. De plus, ces surfaces en herbe sont des zones de stockage de carbone plus importantes que les forêts. D’autres controverses sont régulièrement émises comme le cas de l’eau. En France, la quantité réelle d’eau utilisée pour produire 1 kg de viande de bœuf est de 60 litres et de 7 litres d’eau par litre de lait et non les 13.000 à 15.000 litres d’eau/kg de viande, parfois évoqués, obtenus par ajout de l’eau de pluie reçue par les prairies et surfaces cultivées… eau qui continuerait de tomber même en l’absence des animaux !

« Sans sanitaire… pas d’élevage ! »

Une gestion sanitaire adéquate, c’est une diminution des pathologies, des résultats économiques augmentés, un bien-être de l’éleveur amélioré, une diminution des intrants dans l’élevage, notamment des antibiotiques, un bien-être animal sauvegardé. Donc, à l’inverse, une gestion sanitaire insuffisante en élevage a une implication directe pour l’éleveur tant clinique (augmentation du nombre d’animaux malades et du taux de mortalité), qu’économique (baisse des ventes, augmentation des frais vétérinaires, accès impossible à certains marchés) et psychologique (épuisement, sentiment d’échec, d’impuissance). Pour le consommateur citoyen, c’est un risque d’augmentation des zoonoses et des intrants dans l’élevage.

GDS Creuse, 65 ans, encore plus motivé, acteur de proximité pleinement impliqué et moteur au sein de la Nouvelle-Aquitaine

GDS Creuse a été créé en 1953, il va donc atteindre ses 65 ans. Il est toujours en marche et encore plus motivé face aux nouveaux défis et aux nouvelles perspectives. En nouvelle région, il va s’impliquer pleinement au sein de la FRGDS Nouvelle-Aquitaine (cf. encadré) au côté des 11 autres départements sans oublier l’ancrage départemental, indispensable pour la proximité. GDS Creuse, fort de son expertise sanitaire animale collective au service de tous les élevages, au travers de ses 4 missions essentielles œuvre pour que son action sanitaire fondamentale se poursuive et s’adapte dans le cadre de son concept « Le sanitaire… j’adhère ! ».

Une mission « garanties de cheptel et image des élevages » avec des résultats très favorables et des évolutions

Le bon état sanitaire creusois et l’implication de tous a permis d’alléger les prophylaxies depuis 1999. La Creuse est indemne de brucellose, tuberculose, leucose et varron.

Pour la tuberculose bovine, 90 % des cas français se trouvent en Nouvelle-Aquitaine d’où l’importance d’être vigilant et rigoureux par rapport aux mesures prescrites.

Pour l’IBR, l’atteinte du statut de zone épidémiologiquement favorable (taux de cheptels positifs inférieur à 1 % pendant deux ans) afin de bénéficier d’allègements de prophylaxie IBR est tout proche… au 31/12/2017, le taux de cheptels positifs était de 0,98 % !

Pour la BVD, nous sommes passés de la maîtrise des points à risques vers l’éradication avec 3 axes : le contrôle systématique avec isolement de tout bovin introduit, un dépistage sérologique systématique et l’élimination des IPI dans les cheptels infectés.

Depuis cette campagne, un dépistage sérologique systématique BVD du cheptel est effectué. Les premiers résultats montrent que 2/3 des élevages présentent des résultats négatifs. Pour les cheptels infectés (~ 15 % des élevages), les éleveurs sont visités par GDS Creuse et un plan d’assainissement leur est proposé, basé sur la recherche d’IPI sur sang et sur cartilage. L’accompagnement de GDS Creuse est technique (information personnalisée de tous les cheptels en fonction de leur situation et visite des cheptels infectés) et financier (mutualisation du coût des analyses sérologiques et PCR BVD, visite de mise en place du plan par le vétérinaire de l’exploitation, aide à l’élimination des IPI).

Cette mission concerne les caprins, ovins et porcins avec les mêmes résultats favorables.

Enfin, à l’autre « extrémité » de cette mission se situe la protection animale. Une instruction technique relative à la conduite à tenir en présence d’un cas de maltraitance animale a été publiée par la DGAl. En Creuse, nous avons notre commission depuis 1999 ! Avec nos partenaires, nous allons la faire évoluer (cf. article du 04/04/2018).

Une mission « lutte contre les maladies contagieuses » appuyée sur les alertes et l’approche collective

Wohlfahrtia magnifica, agent de myiase se développe dans les départements 16, 86 et 87. Cette mouche est à deux communes de la Creuse (cf. article du 07/03/2018).

Dans le cadre des actions nationales et régionales (FRGDS Nouvelle-Aquitaine), nous sommes investis dans le plan national de lutte contre l’antibiorésistance en médecine vétérinaire. Les actions visent à prévenir l’introduction d’une maladie dans un élevage, l’apparition ou l’extension d’une maladie dans les élevages et la transmission d’une maladie d’un élevage infecté à d’autres cheptels (ou d’autres ateliers). C’est le fondement de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! ». Cela contribue au développement de l’utilisation des mesures de biosécurité pour un bien-être animal amplifié pour un bien-être de l’éleveur orienté vers sa fierté de nourrir la population avec la confiance de la société.

Pour la mission « mutualisme », une implication nécessaire de tous les niveaux

Pour cette mission historique, valeur fondatrice et pérenne des GDS, l’implication doit être nationale, régionale et départementale. Au niveau national, les conventions de délégations demandent à être revalorisées. L’Etat nous a demandé d’être accrédités, cela a impliqué des coûts supplémentaires non totalement compensés. Dans la loi NOTRe, la spécificité sanitaire a été oubliée. Nous sommes en train d’essayer de la faire reconnaître en rappelant son implication pour la 1ère région agricole de France.

Pour le département, du fait, d’une part, de la loi NOTRe et, d’autre part, des évolutions des laboratoires d’analyses, un travail de concertation avec le Conseil Départemental est en cours pour que notre collaboration historique puisse se poursuivre.

Pour notre mutualisme interne, le point marquant pour les années à venir, c’est la mobilisation de fonds du FMGDS pour l’aide au financement du plan d’éradication de la BVD et la lutte contre les myiases à Wohlfahrtia magnifica.

L’information des éleveurs et partenaires : une mission en développement constant

Cette mission poursuit son évolution en relation avec l’inflation des connaissances, de la réglementation, de l’actualité…, en fonction de vos besoins et avec l’intégration des nouveaux moyens. Cette mission est d’abord à l’attention des éleveurs avec notre site Internet qui confirme son succès (42.000 visites en 2017 contre 33.000 en 2016) avec sa lettre d’information hebdomadaire (854 abonnés), GDS Creuse Mémo qui nous est régulièrement demandé et les délégués cantonaux, relais précieux d’information.

Un nécessaire élargissement de l’information vers le citoyen-consommateur

Cette mission demande à s’élargir vers le citoyen-consommateur avec une implication de chacun en rappelant que pour tout agriculteur, performances économiques et écologiques sont liées. Quel que soit le type d’agriculture conventionnelle, raisonnée, biologique…, des facteurs de risques sont identifiés… avec des chartes de bonnes pratiques dont un objectif est la gestion de ces risques. Alors que l’alimentation n’a jamais été aussi sûre (cf. études de l’ANSES et de l’EFSA), que l’espérance de vie des agriculteurs est plus importante que le reste de la population (cf. étude AGRICAN), la mise à l’index de notre agriculture n’a jamais été si importante. Cela implique que les éleveurs continuent à respecter les chartes de bonnes pratiques, qu’ils expliquent les modes de production à tout public intéressé dès qu’ils le peuvent (utilisation des réseaux sociaux) et que nous nous investissions dans la communication vers l’ensemble de la population. Ainsi, GDS France s’est associé au Forum « Homme, animaux et société ». Il promeut les valeurs humanistes qui assurent une vie commune harmonieuse entre les Hommes et les animaux. Ses actions se situent auprès des décideurs, des relais et d’information et du grand public. Vous pouvez retrouver la totalité du rapport d’activités présenté à l’AG de GDS Creuse sur notre site.

GDS Creuse, avec « Le sanitaire… j’adhère ! » pour renforcer notre coopération pour un troupeau sain, sûr et rentable

Fort de son expertise sanitaire animale collective au service de tous les élevages et à travers ses 4 missions, GDS Creuse a fait évoluer son action et continuera à la faire progresser en fonction des modifications des élevages, des besoins des éleveurs et de leur environnement, tout en conservant les bases fondamentales de la lutte collective et sanitaire, indispensables pour sa réussite. D’une lutte contre les maladies contagieuses, nous nous sommes orientés vers notre démarche globale, « Le sanitaire… j’adhère ! », permettant un renforcement de notre coopération pour un troupeau sain, sûr et rentable.

Au nom de tous les éleveurs, Philippe Monteil a remercié nos partenaires : les vétérinaires, l’administration, en particulier la DDCSPP et son Service Santé Animale, le Laboratoire Départemental d’Analyses, le Conseil Départemental, le Conseil Régional, les Organisations Professionnelles Agricoles, notamment la Chambre d’Agriculture, le Crédit Agricole, nos instances régionales (GRASL… et maintenant FRGDS Nouvelle Aquitaine !) et nationale (GDS France), les délégués cantonaux et l’ensemble des salariés de GDS Creuse et de Farago Creuse. Il a terminé son intervention avec un proverbe africain : « seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin ».

Dr Didier GUERIN – Marien BATAILLE
GDS Creuse

 

 

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