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L’IBR en Creuse – 12 septembre 2018

L’IBR en Creuse
L’éradication en vue

Bilan IBR 2017-2018 è La situation de l’IBR en Creuse reste favorable mais il convient de rester vigilant vis-à-vis des risques d’introduction.

2017-2018 a vu, en Creuse, une nouvelle baisse du nombre de cheptels IBR positifs avec un passage sous le seuil de 1 % de cheptels positifs.

Une situation creusoise favorable avec plus de 99 % de cheptels négatifs facilitant les échanges pour la France, l’Europe ou l’international

Au 31/08/2018, sur 2.682 cheptels bovins creusois, 2.591 (96,61 %) ont un statut « indemne d’IBR » et seuls 24 (0,89 %) détiennent des animaux positifs, dont 10 avec moins de 4 bovins positifs. Notre département se trouve donc dans une situation très favorable pour finaliser l’éradication de l’IBR avec une facilitation encore améliorée des circuits commerciaux, y compris aux échanges et à l’export et envisager un prochain allègement de la prophylaxie IBR.

Le taux de cheptels positifs en IBR est de 0,89 % au 31/08/2018 contre 1,18 % au 31/08/2017. Chaque début de campagne, chaque éleveur avec des bovins positifs au sein de son cheptel est contacté.

Des résultats de prophylaxie favorables

Depuis octobre 2016, les Laboratoires Départementaux d’Analyses disposent d’un outil de confirmation sur sang, le test gE. Un animal est désormais conclu positif s’il réagit à 3 tests différents. Cette amélioration technique a permis de limiter les résultats positifs isolés dans les cheptels. En revanche, on observe régulièrement dans les élevages détenant des positifs l’apparition de nouveaux animaux contaminés. Cela vient rappeler que la seule solution fiable à long terme est la réforme de tous les animaux positifs d’un cheptel.

L’isolement à l’introduction et lors de retour de rassemblement plus que jamais d’actualité

7 élevages ont introduit des animaux qui se sont avérés positifs en IBR dont 2 ont présenté des circulations virales importantes liées à une absence d’isolement. Le stress occasionné sur les animaux entraîne une baisse des défenses immunitaires à cet instant qui favorise l’excrétion du virus. Cela confirme l’impérieuse nécessité d’isoler tout animal suite à une introduction ou lors de retour de rassemblement. Si le rassemblement est « indemne d’IBR », le risque est maitrisé et l’isolement ne concernera que les autres maladies (BVD, grippe). En revanche, si le rassemblement n’offre pas de garantie IBR (retour de marché au cadran, foire grasse), l’animal est à contrôler par une prise de sang pour analyse IBR entre 15 et 30 jours après son retour.

Les effets positifs de l’arrêté ministériel IBR de mai 2016…

Cet arrêté visait l’éradication de l’IBR avec l’attribution d’un statut IBR à chaque élevage, le renforcement de la surveillance et de l’assainissement avec des restrictions à la circulation des bovins issus de cheptels non-indemnes d’IBR.  Cela a permis de faire passer le nombre de cheptels détenant des animaux positifs de 50 en 2016, à 33 en 2017 et 24 en 2018, soit une baisse de 52 % !

Le nombre de cheptels détenant des positifs continue de décroitre. Passé sous les 1 %, il permet d’entrevoir le passage en ZEF avec l’allègement de la prophylaxie IBR.

… avec des impacts favorables dans les cheptels indemnes et plus contraignants dans ceux en assainissement pour une limitation des contaminations

Des dérogations au contrôle IBR à l’introduction peuvent intervenir si les bovins sont issus de troupeaux indemnes d’IBR avec un transport maîtrisé. Sur un an, plus de 8.000 bovins ont pu en bénéficier avec une économie substantielle pour les acheteurs.

Par contre, pour tout bovin issu d’un cheptel non-indemne, un contrôle IBR est à réaliser dans les 15 jours précédant le départ sauf pour les bovins destinés à un troupeau d’engraissement dérogataire en bâtiment dédié ou à l’abattoir. Une étiquette « Bovin non dépisté IBR » est alors à coller sur l’ASDA par l’éleveur afin de dégager sa responsabilité et informer les acquéreurs ultérieurs. De plus, tout troupeau en cours d’assainissement ou non-conforme doit contrôler en prophylaxie les bovins à partir de 12 mois et non à partir de 24 mois comme les élevages indemnes et en cours de qualification.

L’arrêté ministériel IBR renforce l’assainissement des troupeaux avec des restrictions à la circulation des bovins reconnus infectés et des demandes de contrôle pour les bovins issus de cheptels n’ayant pas le statut « indemne d’IBR » (moins de 4 % des cheptels en Creuse).

Une vaccination des positifs dans le mois suivant le résultat d’analyse avec une ASDA marquée « Bovin positif IBR »

Afin de limiter le risque de contamination, tout bovin avec un résultat IBR défavorable est à vacciner par son vétérinaire sanitaire dans le mois suivant la notification du résultat d’analyse sauf si l’animal est envoyé par transport sécurisé à l’abattoir. La vaccination sera entretenue par des rappels vaccinaux réalisés par le vétérinaire sanitaire. Pour tout bovin positif en IBR, pour faciliter son identification et la mise en place des mesures de restriction correspondantes, son ASDA est marquée avec une étiquette « Bovin positif IBR ». Sa sortie n’est autorisée que vers un abattoir ou un troupeau d’engraissement dérogataire. Lorsque les mesures prévues par l’arrêté ne sont pas respectées (troupeau non-conforme), tous les bovins du troupeau sont considérés comme infectés.

Une séparation des circuits pour le transport et les rassemblements

Afin de limiter toute nouvelle contamination, un bovin reconnu infecté d’IBR ne peut être introduit dans une exploitation ou mélangé à des bovins de statut différent, y compris lors du transport ou de tout rassemblement. Tout bovin entré en contact avec un bovin reconnu infecté sera à son tour considéré comme infecté.

A terme, un allègement de prophylaxie

Dans les zones à situation épidémiologique favorable (taux de cheptels positifs inférieur à 1 % pendant deux ans), la qualification IBR est maintenue par contrôle de 20 % des bovins âgés de plus de 24 mois ou par contrôle annuel du lait de mélange. Avec 0,89 % de cheptels détenant des animaux positifs, la Creuse a validé sa 1ère année sous les 1 %. La vigilance reste importante afin d’éviter la contamination de nouveaux cheptels venant remettre en cause cette évolution.

Pour chacun, certifier son cheptel au regard de l’IBR, pour tous, obtenir le statut de zone épidémiologique favorable (ZEF)

Le « J’apporte des garanties », étape de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! », demande, au niveau individuel, de certifier son cheptel au regard de l’IBR pour bénéficier des avantages de commercialisation avec une limitation des contraintes et, au niveau collectif, d’obtenir le statut de ZEF pour la Creuse avec un allègement des contrôles dans les cheptels indemnes d’IBR. Pour finaliser cette éradication de l’IBR, nous mettons à disposition des outils : formulaire de demande de dérogation, billet de garantie conventionnelle, étiquettes « Bovin positif IBR » et « Bovin non dépisté IBR » à coller sur les ASDA. Nous sensibilisons chaque éleveur détenant des bovins positifs au risque encouru et restons très attentifs aux animaux ayant transité par des rassemblements. Notre engagement est également financier (mutualisation des coûts d’analyses, aide à la vaccination…). Pour tout renseignement complémentaire, contactez votre vétérinaire sanitaire, la DDCSPP ou nous-mêmes.

Dr Boris BOUBET – Dr Didier GUERIN
GDS Creuse

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