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Les myiases avec la menace Wohlfahrtia magnifica – 12 juin 2019

Les myiases avec la menace Wohlfahrtia magnifica
Le réseau d’alerte activé

Combattre les myiases => Un réseau d’alerte est mis en place pour vous informer de la présence de myiases sur une zone. Pour cette année, une attention particulière est à apporter avec la menace Wohlfahrtia magnifica

Les myiases constituent une parasitose entraînant pertes, coûts de traitements et temps passé. La présence probable en Creuse de Wohlfahrtia magnifica demande une stratégie de lutte et de prévention réfléchie et un signalement des cas pour un meilleur recensement.

Les mouches et les facteurs favorisant les myiases

Deux mouches provoquent des myiases ovines en France : Lucilia sericata responsable des myiases classiques et Wohlfahrtia magnifica qui constitue une nouvelle menace. Leur développement dépend de la réceptivité de l’hôte, du système d’élevage, des conditions climatiques et de la situation géographique. Cette pathologie, très ancienne, s’étend pour plusieurs raisons synergiques : changement climatique entraînant le réchauffement de la planète, développement du plein air, agrandissement des troupeaux, main d’œuvre se raréfiant entraînant des difficultés de surveillance.

La différenciation entre Wohlfahrtia magnifica et Lucilia sericata, mouche à myiase habituelle de notre zone peut se faire au niveau de la morphologie : Lucilia : Couleur : bleu métallique / Taille : 6 à 11 mm – Wohlfahrtia : Couleur : gris – noir, avec un abdomen avec points noirs sur abdomen blanc + Yeux rouge brique / Taille : 8 à 14 mm

Lucilia sericata dans les zones laineuses

Lucilia sericata se localise plutôt dans la laine avec les larves de stade 2 et 3 à l’origine des lésions. En lacérant la peau, elles creusent des galeries. La toison montre des zones lainées humides, brunâtres et d’odeur fétide avec des centaines d’asticots. La présence d’une tache brune doit alerter, en écartant la laine, des mèches tombent et les asticots sont visibles. Les parties du corps à peau fine sont les sites de prédilection. Les zones à inspecter en période à risque sont le rectum, la vulve, le fourreau, la base des cornes, les pieds ou les plaies de tonte.

Wohlfahrtia magnifica dans les orifices et en localisation podale

Découverte en 2012 dans la Vienne, son extension s’est accélérée sur 3 départements : Vienne, Haute-Vienne et Charentes. La mouche est attirée par tout écoulement de liquides physiologiques (sang, sérosité, sécrétions vulvaires), d’où les principales localisations des lésions : vulve, nombril, plaies. Wohlfahrtia dépose directement des larves sur les zones délainées, ces asticots d’environ 1 à 1,5 cm attaquent les chairs en creusant des galeries parfois jusqu’à l’os et provoquent des lésions profondes. Les animaux les plus touchés sont les ovins, des cas sont également observés sur les bovins ou les chiens.

Un affaiblissement des animaux et des plaies profondes

Quelle que soit la mouche, les symptômes généraux sont similaires : affaiblissement, perte de poids et d’appétit. Pour Lucillia, la laine tombe, révélant parfois des plaies profondes qui peuvent se surinfecter, d’où une souffrance et des démangeaisons chez les animaux atteints qui s’isolent et répugnent à se déplacer. Pour Wohlfahrtia, le tableau clinique est dominé par des boiteries avec déformation du pied et écartement des doigts, et des écoulements vulvaires. L’évolution peut aller jusqu’à la mort suite à une propagation des lésions ou à l’infection secondaire (septicémie).

Les soins aux animaux atteints de myiases

Tondez une grande zone autour des lésions sur l’animal avant d’appliquer une solution d’insecticide à bonne concentration (attention de ne pas brûler la peau de l’animal). Le retrait manuel des asticots peut s’avérer nécessaire (destruction impérative). Consultez votre vétérinaire pour mettre en place une couverture antibiotique afin d’éviter les surinfections et pour éviter toute recontamination.

Les méthodes de lutte : de la baignade au pour-on

Afin de gérer les myiases dans un troupeau, plusieurs traitements sont disponibles :

SMS, lettre d’information, site internet pour alerter

Aujourd’hui, nous pouvons communiquer sur une zone déterminée (commune, canton…), par le biais d’outils rapides et utilisés de tous tels que les SMS, le site internet, les lettres d’information ou encore la presse (écrite ou radio). Face à une pathologie qui nécessite une attention particulière dès les premiers signes d’apparition, la mobilisation de chacun est indispensable au bon fonctionnement de ce réseau. Ainsi, dès qu’une alerte est connue sur un secteur, nous vous alertons sur la zone concernée.

Soyez acteur du concept « Le sanitaire… j’adhère ! », remontez vos observations

La stratégie de lutte est à adapter à l’élevage et prend en compte les facteurs suivants : réceptivité de l’hôte, système d’élevage, conditions climatiques et situation géographique ainsi que le choix de la molécule à utiliser, le tout associé à une surveillance accrue en période à risque et à une rapidité d’action en cas de problème. Si vous êtes confronté, ou si vous connaissez la présence de myiases à Wohlfahrtia sur un secteur, faîtes-nous remonter l’information afin de confirmer et d’avertir vos collègues sur la zone (cf. encadré).

Dr Boris BOUBET – Marien BATAILLE
GDS Creuse