AG du GRASL – 03 juillet 2019

Le GRASL : OVS pour le domaine animal
La qualité sanitaire des élevages du Limousin

Groupement Régional d’Action Sanitaire du Limousin => Le GRASL (structure régionale des GDS du Limousin) a tenu, ce 26 juin, à Limoges, sa 36ème Assemblée Générale (AG) sous la présidence de Philippe Monteil.

Dans un monde qui évolue très rapidement autour de nous, le GRASL a poursuivi ses missions dont l’objectif est toujours la qualité sanitaire des élevages du Limousin. Au niveau technique, la situation reste délicate avec la présence de FCO, les myiases à Wohlfahrtia magnifica, la peste porcine africaine à nos frontières. De plus, la réapparition régulière de quelques foyers de tuberculose bovine sur notre zone a nécessité la mise en place de moyens importants pour contrôler cette maladie. D’un point de vue administratif, les travaux du GRASL et de ses sections départementales ont continué pour maintenir son accréditation pour les délégations de missions de l’Etat, pour mettre en place la Fédération Régionale des GDS de Nouvelle Aquitaine et pour préparer celle-ci à répondre à l’appel à candidature OVS pour les années 2020-2024.

La gestion sanitaire, une nécessité pour nos régions d’élevage qui doit être collective pour être efficace

Nos concitoyens ne connaissent plus le monde rural qui les entoure. Ils oublient que c’est lui qui façonne les paysages qu’ils apprécient, que c’est l’élevage de ruminants qui permet la valorisation de nos grandes surfaces d’herbe et que la plus grande partie de leur alimentation est d’une qualité très sûre. Le travail de gestion sanitaire, proposé par les GDS et le GRASL, permet de meilleurs résultats économiques en limitant les pathologies et les intrants. La baisse de l’utilisation des antibiotiques en est un très bon exemple. Tout cela va dans le sens d’une amélioration du bien-être animal recherché par tous les éleveurs. Cette gestion ne peut être efficace que si elle est collective, d’où la nécessaire implication de tous.

Avec le nouvel arrêté ministériel IBR de 2016, l’éradication de l’IBR s’est de nouveau intensifiée avec une baisse de 2018 par rapport à 2017 de 44 % du taux de cheptels en assainissement. En paratuberculose, la base de cheptels sous apport de garantie poursuit sa lente progression. Le programme a en outre permis de détecter 1.507 bovins positifs dans 406 cheptels, ce qui illustre la nécessité de poursuivre la stratégie régionale de lutte.

L’organisme à vocation sanitaire (OVS) pour le domaine animal multi-espèces pour le Limousin accrédité avec une transition vers la Nouvelle-Aquitaine

Le GRASL, reconnu comme Organisme à Vocation Sanitaire pour le domaine animal, est accrédité jusqu’en 2020 suite aux premiers audits du COFRAC réalisés depuis 2016. Au cours de ce cycle 2015-2019, le périmètre de notre région a changé avec comme conséquence la nécessité de s’organiser au niveau de la Nouvelle-Aquitaine pour être prêts à assumer les missions que l’Etat délèguera ou confiera. Les équipes du GRASL et des GDS se sont fortement impliquées dans la mise en place d’une nouvelle fédération multi-espèces, la FRGDS Nouvelle-Aquitaine. C’est sur ce périmètre Nouvelle-Aquitaine que se déroulera le prochain audit du COFRAC à l’automne 2019. L’appel à candidature pour la reconnaissance OVS pour les années 2020-2024 va se dérouler sur le 2ème semestre 2019. La FRGDS Nouvelle-Aquitaine sera prête à postuler avec une garantie de proximité et de pragmatisme nécessaires pour pouvoir répondre de manière la plus étroite possible aux besoins des éleveurs et aux demandes de l’Etat.

Le GRASL est accrédité selon la norme NF ISO/CEI 17020 depuis le 01/12/2016 jusqu’au 30/11/2020 dans la mesure où tous les audits annuels de surveillance seront favorables, l’audit 2018 a confirmé cette situation. Modification des régions oblige, le prochain audit, programmé à l’automne 2019, concernera la FRGDS Nouvelle-Aquitaine, structure correspondant au périmètre de notre nouvelle région.

La Loi Santé Animale Européenne avec un impact sur les prophylaxies IBR et BVD

La nouvelle Loi Santé Animale, discutée au niveau de l’Europe, va entraîner une évolution de notre réglementation nationale. Elle va impacter notre plan de lutte contre l’IBR. L’objectif est de faire reconnaître notre plan français d’éradication par l’Union Européenne. Les conditions d’attribution du statut indemne vont être modifiées ainsi que la définition des zones épidémiologiquement favorables, cela va influer sur les conditions d’allègement de prophylaxie et donc des coûts qui y sont liés. Par contre, ce travail reste indispensable pour garantir les échanges internationaux. Les mêmes conséquences vont se retrouver pour la BVD, retardant la publication de l’arrêté ministériel qui doit préciser les actions à mettre en place pour lutter contre cette maladie à fort impact économique. C’est un travail en cours important avec beaucoup d’incertitudes et une forte mobilisation des acteurs professionnels avec GDS France comme chef de file, des laboratoires nationaux de référence et des services de l’Etat dans la préparation des positions de la France qui ont déjà permis des adaptations favorables mais qui doivent être poursuivies.

L’approche collective du troupeau avec « Mieux vaut prévenir que guérir »

La marge de progression dans le domaine de la prévention reste importante mais c’est bien celle-ci qui répond le mieux à toutes les attentes, aussi bien celles, techniques et économiques, de l’éleveur que celles des filières commerciales et de la société. Cela demande d’associer apports de garanties, bilans, analyses avec les différents outils existants, que ce soit les aides techniques et financières et des GDS et le Plan Sanitaire d’Elevage (PSE) du GRASL. Mise en place depuis une trentaine d’année avec l’appui de cabinets vétérinaires, ce PSE a permis de répondre à la plupart des besoins et aidé de nombreux vétérinaires à rester présents pour assurer un maillage suffisant du territoire. L’adaptation de ce PSE reste un enjeu important pour les actions de prévention dans de nombreux élevages. Nous allons continuer de réfléchir à son évolution pour qu’il réponde aux nombreux besoins du monde de l’élevage. L’objectif final reste l’excellence du niveau sanitaire des élevages limousins.

Un monde en mutation qui influe sur le sanitaire d’où une nécessaire gestion organisée du sanitaire de proximité…

Le développement des échanges commerciaux et les modifications climatiques, favorisent de nouveaux risques sanitaires. Les exemples de fièvre catarrhale en France, de Wohlfahrtia magnifica en Limousin et Poitou-Charentes ou encore de peste porcine africaine aux portes de notre pays l’illustrent. Face à cette situation, notre organisation collective, avec nos relais de proximité dans chaque département en relation avec les différents partenaires, est encore une fois essentielle pour l’élevage et aussi pour les santés animale et humaine.

… avec un nécessaire investissement de tous

Ainsi, l’ensemble de la société bénéficie de l’action des éleveurs, mais ils ne peuvent le faire seuls. L’investissement, notamment financier doit être présent à chaque niveau : Etat, Région et Département. Aujourd’hui, les aides de l’Etat ne couvrent pas les dépenses que nous engageons pour les missions qui nous sont déléguées. Il est impératif qu’elles soient revalorisées. La loi NOTRe a oublié de situer le sanitaire animal, ce qui rend difficile de trouver des financements au niveau des Départements et de la Région. Dans cette situation mouvante, les laboratoires d’analyses cherchent leur voie. Vous l’aurez compris, nous avons là de gros chantiers de très grande importance. Il est nécessaire de trouver très rapidement une solution pour que l’action sanitaire reste collective… et donc efficace !

Pour sa mission multi-espèces, dans le cadre de ses sections régionales, l’action du GRASL a été orientée vers un plan de prévention et de lutte Wohlfahrtia magnifica chez les ovins, SDRP et virus Influenza chez les porcins, varroa chez les abeilles, diagnostic avortements chez les ruminants (bovins, caprins, ovins)… Dans le cadre du nouveau périmètre de notre nouvelle région, les transitions s’effectuent vers les sections par espèces de la FRGDS Nouvelle-Aquitaine.

Une réponse aux attentes des éleveurs

Au terme de cette Assemblée Générale, Philippe Monteil a tenu à remercier tous les partenaires et l’ensemble du personnel du GRASL, en qui il place toute sa confiance pour la poursuite des missions dans le nouveau périmètre. Il a ajouté : « De nombreux chantiers sont encore devant nous, ce qui prouve l’importance de nos missions. Je ne doute pas que l’expérience que nous avons acquise depuis plus de 60 ans dans le domaine de la proximité, du mutualisme, de l’impartialité et de l’indépendance nous permettra de toujours répondre aux attentes des éleveurs. »

Dr Didier GUERIN
GDS Creuse

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