Prophylaxies en cheptel bovin, bilan de campagne – 10 juillet 2019

Campagne de prophylaxie bovine 2018-2019.
Un taux de réalisation et des résultats très favorables

Prophylaxies en cheptel bovin => Cet article vous présente une synthèse des prophylaxies de cheptel bovin sur notre département pour la campagne 2018/2019 qui s’est terminée le 31/05/2019.

La campagne de prophylaxie bovine a permis la surveillance de 5 maladies : brucellose, leucose, IBR, varron et BVD. D’autres recherches volontaires (paratuberculose, grande douve, besnoitiose, PAG (protéines associées à la gestation) …) ont pu s’y ajouter. Pour les élevages laitiers livrant en laiterie de manière continue, les analyses sont réalisées sur lait de tank. Pour les autres élevages laitiers (producteurs fermiers ne livrant pas en laiterie, production discontinue…) et les élevages allaitants, les analyses se font sur sang.

Cette campagne a permis la surveillance de 5 maladies : brucellose, leucose, IBR, varron et pour la deuxième campagne, la BVD. D’autres recherches volontaires (paratuberculose, grande douve, besnoitiose, PAG…) ont pu s’y ajouter.

Une situation sanitaire en brucellose, leucose et tuberculose très favorable, une vigilance particulière vis à vis de la tuberculose

La Creuse est indemne de brucellose, tuberculose et leucose. Les allégements de prophylaxie sont effectifs depuis 1999. Cependant, en matière de tuberculose, face à notre situation régionale Nouvelle-Aquitaine préoccupante et suite aux alertes répétées, nous insistons sur la vigilance qui doit être portée tant pour les éleveurs dans le respect scrupuleux de la règlementation en matière de dépistage de la tuberculose que pour les vétérinaires dans la réalisation des intradermo-tuberculinations. Certains départements sont, aujourd’hui, contraints de réaliser des intradermo-tuberculinations dans leurs cheptels et lorsqu’un foyer est déclaré, l’abattage total est la règle, suivi de mesures de désinfection poussées et d’un vide sanitaire et accompagné d’une indemnisation de l’éleveur pour reconstituer son cheptel.

Plus de 99 % de cheptels négatifs en IBR

Au 30/06/2019, sur les 2.564 cheptels bovins creusois, 2.518 (98,21 %) ont un statut « indemne d’IBR » et seuls 19 (0,74 %) détiennent des animaux positifs, dont 6 avec moins de 7 bovins positifs. Notre département se trouve donc dans une situation très favorable pour finaliser l’éradication de l’IBR avec une facilitation encore améliorée des circuits commerciaux, y compris aux échanges et à l’export. En revanche, dans les élevages détenant des positifs, le taux d’incidence (détection de nouveaux animaux contaminés) est de 20 %. Cela vient rappeler que la seule solution fiable à long terme est la réforme de tous les animaux positifs d’un cheptel.

Un dépistage paratuberculose volontaire en augmentation

Au 30/06/2019, nous constatons une situation qui évolue favorablement. 352 cheptels sont en plan pour près de 30.000 animaux dépistés. 13 élevages sont entrés en plan sur la campagne suite à identification d’un cas clinique ou pour obtenir l’apport de garantie. 15 élevages sont sortis de plan, pour cause de cessation ou parce que l’objectif d’assainissement était atteint. 26 cheptels sont en cours d’acquisition de l’apport de garantie et 138 cheptels sont en cours d’assainissement. L’historique de dépistage accumulé dans ces élevages permet de renforcer les garanties apportées par rapport aux cheptels tout venant, même si l’assainissement n’est pas terminé. Autre point positif, nous constatons une augmentation régulière du nombre de cheptels sous apport de garantie montrant que le dépistage sérologique annuel et des mesures sanitaires rigoureuses permettent de maitriser la maladie dans un élevage.

Une seconde campagne de dépistage sérologique BVD encourageante

Au 30/06/2019, suite à la seconde campagne de dépistage par sérologie de mélange BVD sur tous les bovins de 24 à 48 mois prélevés en sang ou par dépistage sur lait de tank, les résultats restent encourageants. 1.132 cheptels (52 % des cheptels dépistés) ont présenté des résultats négatifs. Cela signifie que ces élevages n’ont pas été confrontés à la BVD au cours des 4 dernières années. Ce chiffre, en nette diminution depuis l’an dernier, est dû à une modification de la sensibilité des analyses et à une augmentation de la vaccination des cheptels. Pour les 1.038 cheptels ayant présenté des résultats positifs, l’interprétation est plus complexe : vaccination BVD avec vaccin marqueur (au moins 372), circulation virale passée ou actuelle. 100 cheptels ont suivi nos recommandations et ont effectué un dépistage complémentaire sur les génisses de 8 à 18 mois avec mise en évidence d’une circulation virale dans 15 d’entre eux. Un stagiaire mène actuellement une enquête auprès des éleveurs pour mieux estimer le pourcentage de cheptels positifs parce que vaccinés et comprendre comment certains se sont contaminés. Nous avons visité 39 élevages cette campagne, suite à la mise en évidence d’un animal positif en virologie BVD. La base de l’assainissement passe par la détection, l’isolement et l’élimination des IPI, porteurs permanents du virus. L’analyse se fait en PCR, technique qui met en évidence l’ARN du virus, à partir d’un prélèvement sanguin ou de cartilage auriculaire. Cela a permis de mettre en évidence 152 animaux porteurs du virus qui ont été éliminés ou sont en attente de recontrôle. Tous les élevages ayant eu des résultats positifs à la prophylaxie sans historique de vaccination sont invités à commander des boucles 2 en 1 pour prélèvement de cartilage auriculaire auprès de l’EDE.

Des analyses complémentaires pouvant être demandées avec votre vétérinaire

Une vérification de l’adéquation entre les analyses demandées et les besoins de votre cheptel était à effectuer systématiquement avec votre vétérinaire lors de la signature de la première page du document d’accompagnement des prélèvements. Au-delà des obligations, cela a permis de répondre aux autres besoins :

  • Utilisation du « kit trématodes » : sur un bovin adulte, les deux parasites principaux sont le paramphistome et la grande douve, si le premier se diagnostique facilement sur les coprologies, le diagnostic de la fasciolose passe par une sérologie pouvant s’appuyer sur les prélèvements de sang de prophylaxie. Le coût analytique de 14,50 € est pris en charge à 50 % par GDS Creuse lors de réalisation de coprologie.
  • Diagnostic de gestation sur les tubes de prophylaxie : d’un coût 2019 de 6,89 € HT par animal pour les 10 premiers puis 5,50 € HT par animal pour les suivants, ce test est précoce et très fiable avec des sensibilité et spécificité proches de 100 %, dès 28 jours de gestation. De plus, les PAG ciblées s’éliminent rapidement après une gestation : passé 60 jours après la mise-bas, on ne risque donc plus de déceler les PAG résultant de la gestation précédente. En revanche, le test n’indique pas le stade de gestation.

Un suivi étroit des quelques retardataires

En Creuse, la campagne de prophylaxie bovine se déroule du 1er octobre au 31 mai. Sauf cas de force majeure notifié à la DDCSPP23 ou auprès de nos services, les qualifications et appellations des cheptels pour lesquels la prophylaxie ne sera pas terminée au 31 juillet 2019 seront suspendues jusqu’à la réalisation des actions correctives. Ensuite, tout élevage n’ayant pas fini sa prophylaxie au 30 septembre 2019 verra ses qualifications et appellations retirées jusqu’à réalisation de 2 prophylaxies à 3 mois d’intervalle. Au 30 juin 2019, sur 2.781 cheptels, 98 (3,5 %) restaient en suivi, ils ont été relancés par la DDCSPP et GDS Creuse afin qu’ils se mettent en conformité rapidement. Ces suivis étroits sont efficaces, la campagne dernière, seuls 3 cheptels ont été concernés par le retrait de qualifications et appellations avec les conséquences afférentes.

Un peu plus de 200.000 prises de sang sont réalisées par an. Plus des 3/4 de ces prélèvements sont effectués sur 5 mois : décembre, janvier, février, mars et avril. La capacité maximale de traitement des échantillons au LDA se situe entre 40 et 45.000 prélèvements par mois.

Une forte implication de GDS Creuse, base de notre concept « Le sanitaire … j’adhère ! »

Notre implication dans les prophylaxies collectives constitue un de nos métiers premiers depuis notre création, il y a 66 ans. Grâce à la mobilisation de tous, les résultats sont patents et l’action se poursuit pour la santé de nos cheptels et les atouts commerciaux conformément à notre adage : « pour un troupeau sain, sûr et rentable ». Notre investissement est technique et financier à travers les conventions (DDCSPP, Conseil Départemental et LDA), le tiers-payant (vétérinaires, LDA) qui permettent des allègements administratifs (seuls les résultats de prophylaxie non-négatifs vous sont transmis sauf si vous en faites la demande) et financiers (coûts diminués pour les analyses, mutualisation des résultats positifs et des recherches BVD). Il est également présent, en relation avec les vétérinaires et la DDCSPP dans les plans d’assainissement ou lors de tout résultat « discordant ». Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire sanitaire ou GDS Creuse.

Dr Didier GUERIN – Dr Boris BOUBET
Christophe LE MAUX
GDS Creuse

 imprimer cet article imprimer cet article