Bien écorner ses veaux – 03 février 2021

Je souhaite écorner mes veaux
Je gère la douleur et j’utilise une technique reconnue

Bien écorner ses veaux => Pour favoriser la sécurité et le bien-être des animaux et des éleveurs, l’écornage des veaux se développe. Il bénéficie d’améliorations permettant une pratique facile et fiable, en privilégiant gestion de la douleur et intervention précoce.

Les méthodes actuelles d’élevage liées à l’utilisation de cornadis, de stabulations libres, de râteliers en plein-air… conduisent à intégrer la pratique de l’écornage systématique dans la plupart de vos troupeaux. C’est un facteur de sécurité et de bien-être, d’une part, pour les animaux par rapport à eux-mêmes et à leurs congénères et, d’autre part, pour vous et les intervenants.

Je gère le stress…

L’écornage des veaux va générer du stress qu’il convient de minimiser au maximum. D’une part, il est recommandé d’éviter de pratiquer l’écornage dans les tous premiers jours de vie, où le stress de séparation de la mère est plus important, mais plutôt entre la 2ème et 4ème semaine après la naissance. D’autre part, cela nécessite une bonne contention (cage de contention veau avec système anti-recul et anneau pour tenue de la tête) et une tonte de la zone. De plus, il doit être pratiqué par une personne formée et expérimentée pour limiter douleur ou angoisse inutile.

… et la douleur liée à l’écornage

Lors de l’écornage, la douleur peut être immédiate (écornage thermique) mais surtout différée, du fait de l’inflammation générée. L’application locale de caustique est perçue à tort comme moins douloureuse car l’action du produit, donc la douleur, est plus étalée dans le temps. C’est pourquoi l’administration d’un anti-inflammatoire non stéroïdien en début d’intervention est conseillée quel que soit l’âge du bovin et la technique utilisée. Au-delà du bien-être animal, il y a un réel bénéfice zootechnique, avec des animaux qui récupèrent plus rapidement et ont une meilleure croissance.

Je privilégie l’écornage thermique de mes veaux avant l’âge de 4 semaines…

Les recommandations de l’Union Européenne, applicables dans le cadre de la conditionnalité des aides, préconisent un écornage avant 4 semaines. Deux motifs essentiels ont conduit à cette décision. D’une part, le stress est moindre avant l’âge d’un mois. D’autre part, plus on attend, plus les cornes poussent et plus le veau devient difficile à contenir et le travail contraignant à effectuer. Avant un mois, l’anesthésie est recommandée (pas obligatoire à ce jour) pour le bien-être animal et la limitation du stress.

Le bien-être des animaux et une efficacité de l’écornage demandent une connaissance des bases physiologiques. Si l’écornage est réalisé sur des veaux âgés de moins de 2 mois, le bourgeon cornual, non soudé à l’os, va être détruit par une simple cautérisation qui va couper son irrigation et ainsi stopper le développement de la corne. Après l’âge de 2 mois, la corne s’est développée, le bourgeon s’est soudé à l’os du crâne, la zone est richement vascularisée et l’innervation développée, l’intervention est plus longue, plus traumatique et plus douloureuse avec de possibles risques infectieux (ouverture du sinus).

…avec le matériel adapté

L’écornage thermique permet grâce à un embout spécial dont le diamètre varie avec la taille du cornillon (15 à 20 mm) l’inactivation de la matrice périphérique du bourgeon par un sillon autour du cornillon. Plus vite cette opération sera réalisée et moins l’animal sera stressé. La tonte du contour des cornillons présente un intérêt majeur en matière de maîtrise des risques d’infections et permet de visualiser le « bourgeon » à l’emplacement des cornes. L’appareil va couper la peau et cautériser les artérioles situées juste au-dessous pour que les cornes ne poussent plus. Après 2 à 3 minutes de chauffe préalable pour un écorneur à gaz, l’outil a atteint la température souhaitée (plus de 650°C) afin de réaliser correctement la cautérisation des tissus qui entourent le cornillon. L’écornage dure moins de 10 secondes par corne. L’application d’un antiseptique évite les infections et limite l’inflammation par l’action refroidissante du spray.

Après 4 semaines, des contraintes réglementaires et techniques

Après 1 mois, l’écornage des animaux doit être obligatoirement pratiqué sous anesthésie locale (ou générale) réalisée par un vétérinaire ou par l’éleveur sur ses propres animaux. L’éleveur peut se rapprocher de son vétérinaire pour l’apprentissage de ce geste technique. Au-delà de 6 semaines, l’écornage sur le veau est à proscrire car trop traumatique, il faudra attendre l’âge adulte pour écorner.

Je me rapproche de mon vétérinaire et je prends contact avec mon technicien de Farago Creuse

Quel que soit l’âge du veau, il est important de se rapprocher de son vétérinaire pour mettre en place la prise en charge de la douleur animale lors d’écornage : bilan sanitaire identifiant cette pratique zootechnique, protocole de soins précisant les consignes, prescription des médicaments nécessaires et enregistrement dans le registre d’élevage. Les techniciens qualifiés et expérimentés de Farago Creuse (plus de 1 000 écornages veaux réalisés par an) sont à votre disposition pour vous informer et vous conseiller sur la pratique de l’écornage des veaux au sein de votre élevage. Ils peuvent vous proposer le service « écornage veaux » avec des passages pouvant être programmés toutes les 3 semaines ou le « kit écornage » avec cage de contention veau, tondeuse, écorneur et bombe désinfectante avec une initiation à l’utilisation de ce « kit écornage ». Enfin, des investissements en ce sens peuvent s’inscrire dans le cadre du volet « Biosécurité – bien-être animal » du Plan de relance. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter.

Aurélien LEGRAND – Dr Boris BOUBET
Farago Creuse – GDS Creuse

 

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